
Cette troisième année de mon activité avec les plantes sauvages a été marquée par des nouveautés : la mise en place des balades « Découverte des plantes sauvages », de nouveaux produits (soupe aux herbes sauvages, macérât de rose, vinaigres de soin…), de nouveaux lieux de vente.
Comme pour tout le monde, elle a surtout été marquée par le climat déréglé qui a fait souffrir les cultures et la nature dans son ensemble. Il m’a fallu redoubler de vigilance pour saisir le moment précis de cueillette pour de nombreuses plantes, qui se sont épanouies plus tôt que prévu devant tant de chaleur, et fanées aussi beaucoup plus vite. Mes rares cultures ont tellement souffert que je n’en ai fait qu’une récolte au lieu de trois. Malgré tout, je me suis sentie privilégiée de travailler avec les plantes sauvages ; ces dernières ont plus d’un tour dans leur sac et une bonne dose de résistance. Si les quantités ne sont pas toujours là, la qualité est au rendez-vous ; et le séchage a été un jeu d’enfant comparé à la saison précédente. Enfin l’été indien qui a suivi a ressemblé à un second printemps. Pissenlits et orties ont repoussé en force, et j’ai pu compléter mes stocks pour plusieurs plantes sur lesquelles je pensais devoir faire une croix.
Dans la famille « tout se dérègle », on a aussi eu droit à l’augmentation conséquente des prix des matières premières et à la pénurie de certains matériaux. Pour moi, ça a été la rupture de stock sur les bouteilles de sirop … en pleine saison des coquelicots (j’aurais dû être plus prévoyante!). Plus de bouteilles chez les fournisseurs, les client.es qui se mobilisent pour rapporter leurs bouteilles vides … et une livraison sans crier gare, au moment où je ne l’attendais plus. Au final, moins de sirop de coquelicot que prévu (dernière bouteille vendue le 15 décembre… il va falloir attendre l’été prochain) mais j’ai pu faire les sirops suivants.
Avec le temps, c’est aussi la satisfaction de voir des client.es revenir chercher des produits qui leur ont plu ou leur ont fait du bien, et qui le disent. Le contact avec les personnes qui consomment mes produits est primordial, mais les marchés sont à la fois chronophages et usants pour qui n’est pas au top de son énergie. Il faut dire que 2022 a été la première année où les marchés de fin d’année ont pu se déployer sans contrainte sanitaire. Du coup, marché chaque week-end, voire en semaine, de mi novembre à fin décembre. Parfois à l’abri et au chaud mais plus souvent dans le froid et l’humidité (pôvres tisanes!!). Il faut dire qu’on a eu froid ce mois de décembre ; heureusement que les client.es étaient là pour nous le faire un peu oublier. Bref, côté marchés 2023 sera l’année de l’élagage !
Troisième année, des routines commencent à s’installer : des formations toujours stimulantes (taille et graines), les stagiaires pour un coup de main précieux et le plaisir de la transmission, l’entraide entre collègues.
Et de nouvelles étapes sont franchies : contentement de voir d’ancien.nes stagiaires s’installer autour de moi avec des projets personnels et une belle énergie ; rencontre d’une naturopathe convaincue des bienfaits des tisanes, avec laquelle se construit une collaboration autour des plantes et de la santé.
Enfin, cette année j’ai appris plein de vocabulaire : sclérodermie, sclérodactylie, syringomyélie… eh non, ce ne sont pas des termes botaniques (j’aurais bien aimé!). J’ai poursuivi mes investigations concernant mes problèmes de main droite. Des hypothèses ont été posées, des frayeurs suscitées, mais finalement, rien de tout cela n’explique encore mes symptômes bizarres. Ouf !! on reste sur le « Lupus engelure » (ça tombe bien, j’adore les loups!), même si les médecins ne comprennent toujours pas pourquoi je ne suis atteinte que du côté droit. C’est fou ce qu’on peut trouver comme anomalies quand on cherche avec des outils puissants comme l’IRM… mais ça ne veut pas dire qu’elles aient des conséquences. De fil en aiguille, avec l’aide du yoga, de soins énergétiques, d’une alcoolature de marron d’inde (magique pour faire dégonfler un œdème), d’un gros travail avec ma kiné, j’ai inversé la spirale et engagé un cercle vertueux. J’en viens même à me demander si ces symptômes invalidants ne sont pas la conséquence à long terme de la « grève » de ma main droite, gonflée pendant plusieurs mois l’hiver dernier… une sorte d’effet papillon qui aurait donné le signal à tout mon côté droit qu’il pouvait se la couler douce sans conséquences.
Bref, le clavier n’est toujours pas mon meilleur ami, mais je le retrouve progressivement, comme beaucoup de petits gestes de la vie quotidienne.
L’année 2023 a donc commencé dans une belle énergie et si mes gestes sont encore lents, ils sont plus assurés. Je me mets au rythme des plantes, qui prennent leur temps pour élaborer secrètement tous les principes actifs dont elles nous offrent les bienfaits. Les projets ne manquent pas et l’amour des Simples est toujours aussi vif !
N’hésitez pas à passer me voir si vos pas vous mènent en Anjou !
Belle et sereine année à tous et à toutes.